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Serre photovoltaïque et agrivoltaïsme : le cadre 2026 pour les exploitants

Mis à jour le 27 octobre 2026

Serre photovoltaïque et agrivoltaïsme : le cadre 2026 pour les exploitants

En résumé

  • Une serre photovoltaïque porte des panneaux sur sa toiture tout en abritant une production agricole qui doit rester l’activité principale.
  • Depuis la loi APER et le décret du 8 avril 2024, une installation est agrivoltaïque si elle rend un service à l’activité agricole et préserve une production significative.
  • Jusqu’à 100 kWc, le surplus est racheté au tarif réglementé ; de 100 à 500 kWc, l’installation passe par l’appel d’offres simplifié.
  • L’opération se construit avec la chambre d’agriculture, la DDT et le gestionnaire de réseau : comptez 12 à 24 mois.

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Serre photovoltaïque, serre agrivoltaïque : de quoi parle-t-on ?

Une serre photovoltaïque est une serre agricole dont une partie de la toiture est couverte de modules solaires. Elle produit de l’électricité tout en abritant des cultures : maraîchage, plantes en pot, pépinière, parfois élevage. Depuis la loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, dite loi APER, deux cas se distinguent :

  • L’installation agrivoltaïque : les panneaux apportent un service direct à l’activité agricole, par exemple une protection contre la grêle, le gel ou l’excès de rayonnement, ou une amélioration du potentiel agronomique.
  • L’installation photovoltaïque compatible avec l’activité agricole : la production d’électricité coexiste avec l’activité, sans la gêner, mais sans lui rendre un service démontré.

Dans les deux cas, l’activité agricole doit rester l’activité principale de la parcelle. C’est le point que les services de l’État contrôlent en priorité.

Ce que le décret du 8 avril 2024 impose

Le décret n° 2024-318 précise les conditions d’implantation des installations sur terrains agricoles. Ses règles s’appliquent aussi aux serres :

  • Production agricole significative : le rendement sous les panneaux doit rester au moins égal à 90 % de celui d’une zone témoin ou d’un référentiel adapté.
  • Taux de couverture : pour les installations de plus de 10 MWc hors technologies dites éprouvées, les panneaux ne peuvent couvrir plus de 40 % de la surface.
  • Surface rendue inexploitable : au plus 10 % de la parcelle, pieds de structure et accès compris.
  • Réversibilité : les structures doivent pouvoir être démontées et le terrain remis en état en fin d’exploitation.
  • Contrôle : un suivi régulier de la production agricole est exigé ; en cas de manquement, l’autorisation peut être retirée.

La « serre alibi »

Une serre construite pour les panneaux, sans véritable projet de culture, n’est ni agrivoltaïque ni compatible : elle relève du photovoltaïque au sol, soumis à des règles d’urbanisme bien plus strictes. Le projet agricole doit être écrit avant le projet électrique.

Quelles cultures sous une serre solaire ?

L’ombrage partiel apporté par les modules est un atout pour certaines productions et un handicap pour d’autres. Les études de l’ADEME sur l’agrivoltaïsme montrent que les cultures sensibles aux fortes chaleurs tirent profit d’une ombre modérée, tandis que les cultures exigeantes en lumière subissent une baisse de rendement.

ProductionCompatibilité avec l’ombrage
Salades, épinards, jeunes poussesBonne : moins de stress hydrique, moins de montée à graines
Plantes en pot, pépinière, horticultureBonne à très bonne selon les espèces
Tomates, concombres, poivronsMoyenne : à réserver aux taux de couverture faibles
Fraises hors solMoyenne, selon la variété et l’orientation

La disposition des modules en damier ou en bandes, le choix de modules semi-transparents et l’orientation de la serre permettent d’ajuster la lumière transmise.

Vendre l’électricité : tarif réglementé ou appel d’offres

  • Jusqu’à 100 kWc : contrat d’obligation d’achat de 20 ans. Depuis l’arrêté du 1er juin 2026, le surplus est racheté 1,1 c€/kWh HT, indexé de 2 % par an. L’intérêt est donc d’abord dans l’autoconsommation : chauffage, éclairage, ventilation, irrigation, chambre froide.
  • De 100 à 500 kWc : appel d’offres simplifié, avec un prix proposé par le candidat et une garantie financière exigée.
  • Au-delà de 500 kWc : appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie, par périodes, avec complément de rémunération.

La plupart des serres sont portées par un tiers investisseur qui finance la structure et l’installation en échange de la vente d’électricité, l’exploitant louant ou utilisant la serre. Dans ce montage, lisez attentivement la durée du bail, la clause de remise en état et la répartition des charges d’entretien.

Les aides et le financement

Il n’existe pas de subvention nationale pour la centrale photovoltaïque elle-même. Le soutien public passe par le tarif d’achat ou le complément de rémunération des appels d’offres. Les aides agricoles classiques, plan de compétitivité des exploitations ou aides régionales, peuvent financer la serre et ses équipements, jamais les panneaux.

  • Fonds Chaleur de l’ADEME pour le chauffage renouvelable de la serre, qui se combine avec l’autoconsommation solaire.
  • Prêts bancaires dédiés aux projets agricoles d’énergie renouvelable, sur 15 à 20 ans.
  • TVA récupérable pour l’exploitant assujetti.

Les démarches, dans l’ordre

  • Écrire le projet agricole : cultures, calendrier, rendement attendu, zone témoin.
  • Consulter la chambre d’agriculture et la direction départementale des territoires (DDT) : avis sur la compatibilité agricole.
  • Déposer la demande d’urbanisme : déclaration préalable ou permis de construire selon la surface, avec avis de la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers si nécessaire.
  • Demander le raccordement au gestionnaire de réseau, puis signer le contrat d’achat ou candidater à l’appel d’offres.
  • Mettre en service, puis tenir le suivi agricole exigé par le décret.

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Nos réponses à vos questions

Une serre photovoltaïque est-elle toujours agrivoltaïque ?

Non. Elle l’est si les panneaux rendent un service démontré à la culture (protection, régulation climatique) et si la production reste significative. Sinon, elle peut être reconnue compatible avec l’activité agricole, à condition de ne pas la gêner.

Quelle puissance pour une serre de 2 000 m² ?

Selon le taux de couverture retenu, souvent 100 à 300 kWc. Au-delà de 100 kWc, l’installation relève de l’appel d’offres simplifié et non du tarif réglementé.

Puis-je construire une serre uniquement pour les panneaux ?

Non. Sans projet agricole réel et suivi, l’installation est requalifiée en photovoltaïque au sol et perd le bénéfice du cadre agrivoltaïque. Les autorisations peuvent être retirées.

Qui finance la serre dans un montage avec tiers investisseur ?

L’investisseur finance la structure et l’installation et se rémunère sur l’électricité vendue. L’exploitant utilise la serre, parfois moyennant un loyer. Faites relire le contrat par la chambre d’agriculture ou un conseil juridique.

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